« Le doute est le pire de tous les maux, car il les suppose tous »

J’aime la photo. Mais pas assez pour faire autre chose que collectionner ponctuellement les beautés qui passent sous mes doigts. Pas assez pour capturer celles qui caressent mes yeux. J’aime la musique. Assez pour être un brin mélomane. Mais pas assez pour apprendre d’un instrument ; du piano, même la forme de mes doigts voudrait. J’aime le cinéma. Mais seulement pour que l’émotion et la beauté viennent se fracasser directement sur mon cœur. Je ne sais pas apprécier sagement des chefs-d’œuvres. J’aime la psychologie, j’aime la sociologie, j’aime la littérature, j’aime la philosophie ; mais jamais je ne pousse un de ses champs à l’extrême, de peur de m’y enfermer. J’aime les gens, mais pas assez pour corriger mes pires défauts. Je m’aime, trop pour laisser ces moments où je suis face à moi-même durer. J’aime la liberté, assez pour m’en nourrir partout où je peux, mais je n’ose jamais affirmer autre chose que cette indécision que je déroule, maintenant, derrière ces mots. Frénétique, je ne persévère dans rien, si ce n’est dans ce que j’ai déjà abouti. Tout ce qui me définit ressemble à une somme fortuite de combinaisons chanceuses, que j’ai laissées se faire, parfois en me donnant l’illusion du choix. Je ne suis aucun autre moi que celui qui contemple les autres possibles. Je touche à tout, bondissant dans toutes les directions avec un élan rare mais toujours dangereux, jamais définitif ni stable. Je sais sans cesse élargir mes bras, mais cette générosité trébuche quand elle se rappelle qu’il faut embrasser, approfondir, persévérer. Je n’ai pas peur de tomber, j’adore la chute, je me donne le vertige, juste assez pour m’arrêter à temps. J’ai peur de ne plus bouger, par terre, captif, cloué quelque part, en ville, sur ce continent, dans cette maison, cette chambre, cloué dans le schéma mental d’une classe sociale, d’une palette d’idéaux, d’un tableau d’espoirs. Sinon vers toi. Jamais je n’aurais autant surpris ma nature pour essayer d’en faire ressortir les meilleurs aspects. Je colle à tous les idéaux sans vraiment souffrir d’aucun, je fréquente tout le monde sans me laisser encanailler, je flirte avec la beauté infinie du matériel et du spirituel sans les atteindre, sans les toucher, parce que sans tuer ma lucidité. Je sais que tu ne pourras pas me sauver. Mais je sais aussi que si je dois trouver un fondement et une issue à mon épanouissement, à ma sauvegarde, tu es déjà dans mon cœur. Je te supplie de me suivre pas de t’abandonner, de me faire confiance pas de te tromper. De tenir ma main ; de ne jamais la chercher.

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~ par knalu78 sur dimanche 12 septembre 2010.

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