« I’ve been becoming a problem to myself. »

Impression fugitive, mouvante, pourtant complètement imprégnée de fascination, comme un voile flottant sur mes yeux, et mes gestes sont plus consciencieux que d’habitude, le silence se dilate dans l’espace et se resserre dans le temps, tout est envahi de ce halo ocre, quelque chose de pur, de profondément lyrique, l’âme se vide et se remplit d’un souffle blanc, comme si tout se dépouillait, comme si tout se finissait, comme si tout recommençait, tandis que l’esprit se perd dans cette ode à l’absurde et que tout est percé, et forme un entier, quelque chose de spirituel, de triste, de beau, de désarmant, sans que les choses apparaissent plus vraies, sans qu’elles apparaissent plus crues, plus réelles, plus nouvelles, juste plus fascinantes pour mon oeil qui vacille à la moindre ondée de lumière, face à cette surface qui n’est plus superficielle, qui n’est plus plastique, qui n’est pas là, qui reste dans ma tête, qui restera encore longtemps, remontant lentement les douces plaies de ce fleuve, juste lorsque la main, le bouts des doigts caressent les épis embrassés par le vent, clair obscur, dans l’hésitation de l’admirant/admiré, essentiels l’un pour l’autre, complaire dans cette fatalité agréable et troublante, incompréhensible et fascinante, dangereuse et magnifique, qui fait qu’on ne sait pas qui de toi, de moi, de nous tous perçoit, reçoit, voit, ressent, sent dans ce seul objet, qui se termine en une note, descendante, sans savoir si la descente est régression ou avancée, sans refuser autre chose que l’immobilité, de l’être, de l’étant, aimerait se loger dans le creux d’un grain de sable, au nord, au sud, en plein jour, au fond de la nuit, dans l’agitation, dans le silence, seul, seul, seul, sans que ça se finisse, par peur de perfection, par peur de considération et de jugement, de borne qui définit qui distingue qui pose un début une fin ça commence ça s’arrête ici là-bas et que l’instinct le fait sentir et que les normes l’imposent et que les hommes les suivent et que chaque être humain rejette à sa manière, au pied d’un lampadaire, au seuil des siècles, au croisement des auras, pour qu’il n’y ait rien, parce que le silence paroles pas dites pas voulues pas fortes pas vraies existe pour lui-même ne trouve pas son intensité sa valeur son sens comme le nord s’oppose au sud ou comme le dur s’oppose au mou ou comme toute chose n’a d’existence que par sa non-absence, absence, absence, absence, qu’il y a à faire, à parcourir, à combler, à construire, à ressentir, à communiquer, à échanger, à mourir, à vivre, encore, vivre, vivre, vivre, une seule fois peut-être, une seule fois c’est sûr, une seule, seule, seule ; grince le loquet et vise en regardant cet entonnoir au bout circulaire et tire, abattre, exécuter, condamner, libérer, baisser la tête comme si quelque chose devait être fait et l’avait été pour que l’air fasse retentir pour que la terre laisse couler pour que l’eau recouvre pour que le feu stoppe.

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~ par knalu78 sur jeudi 8 juillet 2010.

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