Chronomentrophobia #2

« As you go into fear with eyes open, heart open and courage flowing freely, you will see that fear is only an empty room. Fear is only as strong as your avoidance of it. The greater your reluctance to see the fear, to accept it and embrace it, the more power you allow it. »

Le compte à rebours, je le lance. Bêtement, comme une date d’anniversaire ne signifie rien de plus que la somme artificielle de secondes, de mois, d’années qu’on veut voir s’écouler pour faussement sentir la maîtrise du temps, en le cernant, en le normalisant. Combien dure une seconde ?

Je le lance donc à un peu moins d’un mois de mon départ. Déjà 2 ans. Est-ce l’âge ou ces deux années en particulier qui font remonter cette impression de maturité à la surface de mes doigts ? Pourquoi cette impression en vient-elle à se confondre avec la maturité elle-même ? Je ne sais plus si j’ai mûri ou si c’est mon impression rétrospective qui a mûri. Je sais juste que toutes ces découvertes, toutes ces rencontres, toutes ces épreuves, avec leur joie, leur peine, leur authenticité désarmante, leur brièveté éternelle,  je les ai senties ; et je suis aujourd’hui l’amas informe et diffus de ces sensations, de ces sentiments, sans que l’audace ne me vienne d’inventer une nouveau cadre pour décrire les « au revoirs » ou balayer les « adieux », densifier les « je me souviens » et détourer le vécu, infini.

Qu’est-ce qui est le plus marquant, ce profond passage, ou le regard que j’y porte, artificiellement suspendu au-dessus de ma vie passée ? Pourquoi me plaire à représenter tout ça, à brasser des expériences bizarres, à les couler en vérités incertaines ? Je vise peut-être à rendre la honte dérisoire, alors que tout déjà n’est pas grave, alors que chaque chose passe. Ça aussi, ça passera. S’il est possible de vivre plusieurs fois, s’il est possible que tout ne soit pas illusion, je n’y pense pas. Parce que je me suis agréablement noyé dans l’illusion, une seule fois seulement, une seule fois longtemps.

Ce n’est ni justification douteuse, ni scalpe dédié. Juste une impression poussiéreuse que je veux révéler.

Beaucoup trop de choses dépendent de la perspective, et de l’intention. Si je cherche à sentir une chose, je suis surpris d’en sentir une autre. L’air que je veux respirer se dérobe et je suis ébloui ; l’horizon que je veux contempler s’aplanit et j’ai le souffle coupé. Une sorte de surprise synesthésique qui piège même les sentiments.

Je vais mourir. Je vais mourir parce que tout le monde meurt, et mon verbe rend ma mort imminente de manière aussi artificielle que mon « déjà 2 ans ». On meurt tous; et alors ?

Et alors?

« I’ve learned to find beauty in broken things; I’ve learned to keep hoping. Maybe this world isn’t perfect, but there is good in it. And that’s what I choose to focus on. I am not powered by fear and hatred, but rather hope and love. What is impure proves there is purity; what is evil proves there’s good; and what’s broken proves there is such a thing as being whole. »


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~ par knalu78 sur lundi 31 mai 2010.

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