La putain.

Je pourrais écouter cette symphonie à l’infini. Je pourrais me repasser cette putain de symphonie de Schubert encore et encore. En boucle. Sans jamais m’en lasser. Me souvenir de la citation de Baudelaire, « la musique creuse le ciel ». Me souvenir que j’appuie trop souvent mes textes de citations, comme elle me l’a fait remarquer. Constater que je le fais aussi pour ma vie. Parce-que là, celle qui tinte dans ma tête, depuis deux jours et deux nuits, c’est « plus on veut, mieux on veut ». Du même. C’est fou ce que j’aime les rythmes. Binaires, d’abord. Ternaires, aussi, pour suivre. C’est fou comme des remarques stylistiques peuvent remplir ce fond de vérité superficiel. Le Livre de l’intranquillité, il l’a appelé. Ce mec, Fernando Pessoa. Il était assez fou, juste assez ; il avait compris que tout se trouve dans la littérature. Ou pas. Ou qu’elle trouve tout ? Foutue compulsion qui retourne toutes les phrases. L’intranquillité est forcément teintée d’impatience. Elle essaie dans un sens, dans l’autre. Elle se hâte. On devrait faire comme dans ce film (que je ne citerai pas, d’abord parce-que je peux pas rendre des comptes indéfiniment, ensuite parce-que ce même film n’a pas du être le seul à le mettre en image) – on devrait s’arrêter une minute. Une minute, le temps non pas de compter les morts de tel ou tel vice pourrissant un peu plus la planète, non pas d’honorer la mémoire de certains alors qu’on s’oublie déjà, non, juste le temps de regarder ce foutu sablier, là, sur la table. Putain il est parti. Qui ? Le truc. J’appelle ça le truc parce-que c’est tellement obscure. Et évident à la fois. Un truc insaisissable, mais pas inexistant. Il est là. On le sait. Pas tous, loin de là, et c’est peut-être que le monde irait moins mal si un peu plus de monde le remarquait. Mais on se souvient. Je suis élitiste. Alors ça rimerait à quoi si tout le monde savait que la littérature renferme un trésor. Le trésor. Elle renferme tout. Bien soigneusement, dans des mots. Et cette enveloppe m’intrigue. Alors bordel, si je suis impatient de trouver des idées géniales dans les bouquins, que j’en suis sûr, qu’il y en a, des idées géniales, et qu’un tel mec ait pondu un chef-d’œuvre littéraire en étant impatient de les trouver, ces idées là ; alors peut-être qu’elles vont m’apparaître.

Little monster

J’ai remarqué que je perdais trop facilement mon sujet. Peut-être que, finalement, le talent, c’est ça : plaquer d’un trait ce flot de pensées qui parait insaisissable. Et le plaquer d’un trait si appuyé qu’il en devient saisissable, au moins potentiellement.

Et plouf. Encore. Ça coutait rien d’essayer.

En illustration ? Sam. Il était mioche. Et aussi fougueux et bonichon qu’il puisse paraître aujourd’hui, à 20 piges, il a perdu ce qui manque cruellement à Luchini, et en fait, à nous tous. Cette sensibilité extrême de l’enfance. Là, vous voyez, y’a surement un mec qui l’a écrit, décrit, ce putain d’état de vie, de la vie. Heureusement qu’ils sont là. Et heureusement que certains cherchent à les lire.

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~ par knalu78 sur jeudi 9 avril 2009.

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