All Things

On n’est pas ce qu’on dit mais ce qu’on fait. Il n’y a pas d’ami, il n’y a que des moments d’amitié. Mieux vaut une fausse appréhension qu’une fausse joie, des remords que des regrets, être seul que mal accompagné. L’exception qui confirme la règle. L’arbre qui cache la forêt. Toutes ces petites tournures mentales issues des pensées de grands hommes ou du vécu sur lequel s’est appuyée une tradition populaire immémoriale se présentent à nous, ponctuellement. On s’y attarde, consciemment ou non, selon les formes qu’elles arborent et les circonstances où elles se dessinent. Affirmer, infirmer, c’est un jeu continuel qu’on mène, selon l’état de notre moi. Moi autre, autre moi, qui se confond, se distingue, se mêle, en fait, s’entretient et est entretenu par et aux autres. Les pensées vont, viennent, et la peur qu’on éprouve face à ce va-et-vient nous pousse à écrire, à écrire cet intérieur, sachant que d’autres avant nous l’ont déjà fait (et mieux), et d’autres après nous le feront encore (mieux).

On entrevoit les choses. On perçoit que c’est là que se situe le point crucial et fondamental. Mais on ne fait que l’entrevoir. Sûrement que presque tout réside dans la littérature, au final. Mais anticiper et voir venir les choses ne veut pas dire les contrôler, bien au contraire. C’est parfois (souvent, même) mieux d’ignorer.

On stocke tout ça dans un passif qui s’active au fil de notre vie, transparent et opaque à la fois, proche et lointain en même temps, présent et absent au même moment. Sentez le déclic. Non, devinez qu’il est là. Un coin de votre tête inaccessible mais visible. Quelqu’un a dit « Carpe Diem ». Et quel Diem ?

Ca manque de structure, ça pourrait être approfondi, mais le spontané a un charme. Et puis, on appelle ça grandir. On parlera pas d’amour. Pas parce-que ça se sent au lieu de se savoir ou se penser.

Non, parce-qu’on a encore rien compris, rien mesuré, rien saisi.

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~ par knalu78 sur jeudi 1 janvier 2009.

2 Réponses to “All Things”

  1. « les pensées vont et viennent à leur guise dans notre tête », Simone de Beauvoir

  2. Je passai quelques heures à ses pieds, me proclamant le plus heureux des hommes, lui prodiguant mille assurances de tendresse, de dévouement et de respect éternel. Elle me raconta ce qu’elle avait souffert en essayant de s’éloigner de moi, que de fois elle avait espéré que je la découvrirais malgré ses efforts; comment le moindre bruit qui frappait ses oreilles lui paraissait annoncer mon arrivée ; quel trouble, quelle joie, quelle crainte elle avait ressentis en me revoyant; par quelle défiance d’elle-même, pour concilier le penchant de son coeur avec la prudence, elle s’était livrée aux distractions du monde, et avait recherché la foule qu’elle fuyait auparavant. Je lui faisais répéter les plus petits détails , et cette histoire de quelques semaines nous semblait être celle d’une vie entière. L’amour supplée aux longs souvenirs , par une sorte de magie. Toutes les autres affections ont besoin du passé: l’amour crée , comme par enchantement , un passé dont il nous entoure. Il nous donne, pour ainsi dire , la conscience d’avoir vécu, durant des années, avec un être qui naguère nous était presque étranger. L’amour n’est qu’un point lumineux, et néanmoins il semble s’emparer du temps. Il y’a peu de jours qu’il n’existait pas, bientôt il n’existera plus ; mais, tant qu’il existe , il répand sa clarté sur l’époque qui l’a précédé , comme sur celle qui doit le suivre.

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