“Don’t bother just to be better than your contemporaries or predecessors. Try to be better than yourself.”

•Mardi 25 janvier 2011 • Laisser un commentaire

Je levais les yeux au ciel

Où seule la ruine désespérément belle

Tapissait d’oiseaux et de toits découverts

Le voile de mon âme.

Je suscitais la nuit

Sous laquelle les horizons démunis

Très lentement creusaient

L’éternité de ce charme.

Je coupais mes racines

Enflammant un à un l’origine

Cette quête déjà révélée

Ni voix ni vacarme.

Je voyais tomber

En un souffle, tout cet escalier

Et jusqu’à elle, ce silence éphémère

Déborder de ses larmes.

“On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.”

•Lundi 27 décembre 2010 • Laisser un commentaire

Au-dessus des nuages tout s’efface rien ne subsiste les chagrins s’épuisent les charmes aussi leurs pièges s’évaporent la décadence s’oublie tout l’insupportable l’insoutenable légèreté de l’être recouvre sol derrière dessous en bas à l’humain désarroi à la triste beauté du monde à  sa révoltante nécessité plus rien ne peut finir le soleil – le soleil balaye tout fascine l’éternité étouffe culmine comme quelque chose qui ne meurt jamais comme du divin inlassable invisible intouchable dans un état d’étrange platitude qui part loin fort merde une infinie brûlure de l’âme jamais éteinte jamais étreinte lente perte long retour immense chute inespéré courage précieuse misère qui a tout disparu.

« Tout porte à croire qu’il existe un point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et l’avenir, le haut et le bas, le communicable et l’incommunicable cesseront d’être perçus contradictoirement. »

André Breton, Manifeste du surréalisme


“Misère ! Maintenant il dit : Je sais les choses, Et va, les yeux fermés et les oreilles closes.”

•Mardi 14 décembre 2010 • Laisser un commentaire

Je n’ai alors rien su comprendre ! J’aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots. Elle m’embaumait et m’éclairait. Je n’aurais jamais dû m’enfuir ! J’aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires ! Mais j’étais trop jeune pour savoir l’aimer.


- Bonjour, dit le petit prince.

- Bonjour, dit le marchand.

C’était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif. On en avale une par semaine et l’on n’éprouve plus le besoin de boire.

- Pourquoi vends-tu ça ? dit le petit prince.

- C’est une grosse économie de temps, dit le marchand. Les experts ont fait des calculs. On épargne cinquante-trois minutes par semaine.

- Et que fait-on de ces cinquante-trois minutes ?

- On en fait ce que l’on veut…

« Moi, se dit le petit prince, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine… »

“Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien”

•Vendredi 19 novembre 2010 • Laisser un commentaire

L’amoureuse

Elle est debout sur mes paupières

Et ses cheveux sont dans les miens,

Elle a la forme de mes mains,

Elle a la couleur de mes yeux,

Elle s’engloutit dans mon ombre

Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts

Et ne me laisse pas dormir.

Ses rêves en pleine lumière

Font s’évaporer les soleils,

Me font rire, pleurer et rire,

Parler sans avoir rien à dire

“Language exerts hidden power, like a moon on the tides.”

•Dimanche 17 octobre 2010 • Laisser un commentaire

Un silence presque lunaire et en même temps bercé par la terre flottant immaculé situé à l’aube de l’éternité comme si tout avait été envahi dépouillé comme si tout s’était endormi sans aucun trouble que personne n’oublie ne cherche ne manque mais n’apprécie que dans le relatif le rapporté le réfléchi que seuls nostalgie espoir caressent doublent subliment bien mieux qu’aucune influence pathique sans aucune distinction de bon de mauvais seulement de beauté de puissance de nécessité coeurs des âmes de l’insaisissable accroché à ce pneu pendu fond fin jardin doucement bercé par quelque chose de divin infini chaotique luisant sur un reflet implacable où chacun voudrait mourir longtemps lentement comme une profondeur infatigable un plaisir impardonnable confusion de pureté original incompris insurmontable rêve de survoler cette étendue recoins de points de vue au creux à l’abîme la rencontre du grand piège du petit silence dérangé fécond déraciné.

“There are two tragedies in life. One is not to get your heart’s desire. The other is to get it”

•Mercredi 13 octobre 2010 • Laisser un commentaire

“Mais l’angoisse en soi n’est pas belle, elle ne l’est qu’à l’instant où l’on s’aperçoit de l’énergie qui la surmonte”

•Jeudi 7 octobre 2010 • Laisser un commentaire

Jean take me down
Just take me to your place
And do what you do to me
Take me to the place you wanna go
Now that you’ve been there
I’ve seen it. I’ve been it. I’d mean it
I don’t know where you’re going

Long lost in your mind
It’s up to you
Do what ya do to you
You don’t know what’s right or in your mind
But now it’s time to find a reason to be here
And work out the reasons before you die


Pick yourself up now and walk the road
You don’t know where you’re supposed to go
But now it’s time you take a look
I know you don’t know if you
Mean it, or seen it, to feel the reason in your mind

Pick yourself up off the dirty floor
You’ve got to be there, don’t you know?
Now it’s your time to open up
And yeah, you seen me down
I’ll be there, and see ya and now you gotta open up your eyes

Now you got a reason to be here and see it before you even die
See that reason down before you die

et aussi mon roubdinou, mon mec, mon fiancé, mon gratouneur attitré, mon soleil, mon chéridamour, ma présence rassurante la nuit, mon fêtard, mon fidèle, mon tout, mon plus fort du monde, mon autre, mon moteur, mon arabe préféré (bien qu’à moitié…), ma fierté, mon souffle d’air pur, mon compagnon de voyages, mon futur bâton de vieillesse, mon radoteur, mon dragueur, mon flemmard, mon souriant, mon élégant, mon liseur d’histoires, mon roubinet, mon MehdZ, mon linguiste, ma famille, mon fantasme numéro 1, mon énergie, mon mâle, ma couverture quand j’ai froid, mon souffre-douleur quand j’ai mes règles, mon homme quand j’ai mal, mon soutien, mon déshabilleur, mon regard sur moi-même, ma raison d’être toujours moi, mon patient (enfin pas toujours), mon câlineur, mon perfectionneur d’anglais, mon amoureux à moi, ma vie.

•Mercredi 22 septembre 2010 • Laisser un commentaire

“Le doute est le pire de tous les maux, car il les suppose tous”

•Dimanche 12 septembre 2010 • Laisser un commentaire

J’aime la photo. Mais pas assez pour faire autre chose que collectionner ponctuellement les beautés qui passent sous mes doigts. Pas assez pour capturer celles qui caressent mes yeux. J’aime la musique. Assez pour être un brin mélomane. Mais pas assez pour apprendre d’un instrument ; du piano, même la forme de mes doigts voudrait. J’aime le cinéma. Mais seulement pour que l’émotion et la beauté viennent se fracasser directement sur mon cœur. Je ne sais pas apprécier sagement des chefs-d’œuvres. J’aime la psychologie, j’aime la sociologie, j’aime la littérature, j’aime la philosophie ; mais jamais je ne pousse un de ses champs à l’extrême, de peur de m’y enfermer. J’aime les gens, mais pas assez pour corriger mes pires défauts. Je m’aime, trop pour laisser ces moments où je suis face à moi-même durer. J’aime la liberté, assez pour m’en nourrir partout où je peux, mais je n’ose jamais affirmer autre chose que cette indécision que je déroule, maintenant, derrière ces mots. Frénétique, je ne persévère dans rien, si ce n’est dans ce que j’ai déjà abouti. Tout ce qui me définit ressemble à une somme fortuite de combinaisons chanceuses, que j’ai laissées se faire, parfois en me donnant l’illusion du choix. Je ne suis aucun autre moi que celui qui contemple les autres possibles. Je touche à tout, bondissant dans toutes les directions avec un élan rare mais toujours dangereux, jamais définitif ni stable. Je sais sans cesse élargir mes bras, mais cette générosité trébuche quand elle se rappelle qu’il faut embrasser, approfondir, persévérer. Je n’ai pas peur de tomber, j’adore la chute, je me donne le vertige, juste assez pour m’arrêter à temps. J’ai peur de ne plus bouger, par terre, captif, cloué quelque part, en ville, sur ce continent, dans cette maison, cette chambre, cloué dans le schéma mental d’une classe sociale, d’une palette d’idéaux, d’un tableau d’espoirs. Sinon vers toi. Jamais je n’aurais autant surpris ma nature pour essayer d’en faire ressortir les meilleurs aspects. Je colle à tous les idéaux sans vraiment souffrir d’aucun, je fréquente tout le monde sans me laisser encanailler, je flirte avec la beauté infinie du matériel et du spirituel sans les atteindre, sans les toucher, parce que sans tuer ma lucidité. Je sais que tu ne pourras pas me sauver. Mais je sais aussi que si je dois trouver un fondement et une issue à mon épanouissement, à ma sauvegarde, tu es déjà dans mon cœur. Je te supplie de me suivre pas de t’abandonner, de me faire confiance pas de te tromper. De tenir ma main ; de ne jamais la chercher.

“She was forcing it with her scorn, the kiss she gave me, the hard curl of her lips, the mockery of her eyes, until I was like a man made of wood and there was no feeling within me except terror and a fear of her, a sense that her beauty was too much, that she was so much more beautiful than I, deeper rooted than I. She made me a stranger unto myself, she was all of those calm nights and tall eucalyptus trees, the desert stars, that land and sky, that fog outside, and I had come there with no purpose save to be a mere writer, to get money, to make a name for myself and all that piffle. She was so much finer than I, so much more honest, that I was sick of myself and I could not look at her warm eyes, I suppressed the shiver brought on by her brown arms around my neck and the long fingers in my hair. I did not kiss her. She kissed me, author of The Little Dog Laughed. Then she took my wrist with her two hands. She pressed her lips into the palm of my hand. She placed my hand upon her bosom between her breasts. She turned her lips towards my face and waited. And Arturo Bandini, the great author dipped deep into his colourful imagination, romantic Arturo Bandini, just chock-full of clever phrases, and he said, weakly, kittenishly, ‘Hello.”

•Mercredi 8 septembre 2010 • Laisser un commentaire

 
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